SUR LE CHEMIN DE L'INCA

 

5h00 du matin. Notre avion se pose à Lima après 17h00 de vol et un passage assez éprouvant à Miami. Nous avons quelques tracasseries douanières avec nos vélos mais nous voilà dehors dans le petit matin. Lima ne nous laisse pas un souvenir impérissable avec ses quartiers en grillagés, ses maisons "multicadenassées" et "barbelerisées", souvenir du Sentier Lumineux. Vite, fuyons en bus en prenant la direction du sud le long de l’océan Pacifique. Nous avions prévu de commencer notre parcours à vélo à partir de Ica mais la région a été rasée il y a deux semaines par un gros tremblement de terre. Finalement, nous poussons jusqu’à Nasca. C’est l’occasion d’admirer les fameuses lignes de Nasca que l’on observe dans le désert et dont personne ne connaît vraiment l’origine. Il y a aussi un extraordinaire aqueduc souterrain qui filtre et amène l’eau des montagnes. De sacrés bâtisseurs ces Incas !.

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, toutes réserves faites, donc bien lourds, nous partons pour 80 km de montée qui nous conduisent sur l’altiplano à 4000 mètres d’altitude. Le premier jour, nous n’avons fait que la moitié de la distance et il faut s’arrêter alors que nous n’avons plus d’eau et avant que la nuit ne tombe. Nous montons la tente à l’abri des regards dans une courbe de la route et pendant qu’Anne Marie termine l’installation, je vais quémander de l’eau auprès des voitures et camions qui passent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Après une autre journée d’efforts, nous arrivons enfin sur l’altiplano à Pampa Galleras. Alors que nous avions transpiré abondamment dans la montée, ici il fait très froid avec un fort vent, c’est vrai que c’est la fin de l’hiver. Nous passons la nuit à l’abri dans une bâtisse abandonnée et monter la tente sur un sol bétonné et sans rien piqueter est assez technique. Il ne faut pas se prendre les pieds dans les multiples ficelles qui fixent la tente au sol.

Au petit matin, l’Abra Condorcenca à 4350 m se franchit dans le froid vif et nous redescendons vite plus bas à Puquio pour y passer la nuit. Le lendemain nous repartons en montée. Anne Marie s’essouffle dans l’ascension et il faut souvent mettre pied à terre. Il fait très froid et nous arrivons avec soulagement à Pampa Marca où nous trouvons une petite hospédage. Nous y serons à l’abri du vent à défaut d’être au chaud.


 

 

 

 

 

 

 

Anne Marie fait sensation en déambulant dans le village en tricotant ses chaussettes, il y a même une péruvienne qui veut lui acheter. Le soir, alors que nous attendons dans la salle commune que le générateur électrique municipal se mette en marche, un péruvien entre avec sa fille pour manger silencieusement une soupe. Il ressemble à celui qui figure dans Tintin et le temple du Soleil. Nous faisons étape à Chalhunca, au cœur de la cordillère après plusieurs jours de pédalage sur les hauts plateaux andins. Les villages sont perdus dans la montagne, mais les habitants sont accueillants.

 

 

 

 

 

 

Le paysage nous rappelle la Mongolie, mais en plus haut et plus froid avec peu de végétation, mais des milliers de lamas et de vigognes. Nous sommes toujours levés avec le soleil, c’est à dire 6 h du matin, mais aussi couchés avec le soleil. Pour manger, nous trouvons toujours un petit restaurant sur la route avec la soupe locale qui nous fait du bien après les efforts de la route.
Notre périple se poursuit avec de longues ascensions sur les hauts plateaux et un passage par un col à 4505m, pour de nouveau redescendre dans de profondes vallées puis recommencer. L’altiplano, c’est bien alti mais pas du tout plano.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une semaine de ce régime et nous arrivons dans les faubourgs de Cuzco, la capitale du pays Inca. Nous y séjournons quelques jours pour reprendre des forces. La ville est très touristique mais il y a vraiment trop de monde pour nous, nous préférons les petits villages que nous traversons sur notre chemin.
Nous repartons donc vers la vallée Sagrado. Ici, la terre est fertile et les incas y construisirent de fameux sites tel Saqsaywaman et les remarquables villages de Pisaq, Urumbamba et d’Olantaytambo. On est subjugué par l’ingéniosité architecturale, les imbrications des pierres de formes géométriques uniques de plusieurs dizaines de tonnes chacune.
Après la visite de l’imposante citadelle Inca d’Olantaytanbo, nous rebroussons chemin pour revenir sur Cuzco par une route de montagne, dur, dur. Sur le marché du village de Chichero, les femmes sont assises en tissant devant l’église coloniale. Elles sont coiffées avec de drôles de chapeaux, chaque région ayant sa propre tenue. Des cris nous font sortir dans la nuit pour regarder les jeunes du village qui défilent en tenue locale en chantant et en dansant .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour visiter le Machu Pichu, nous prenons un train qui met quatre heures pour parcourir la centaine de kilomètres de Cuzco à Agua Calientes, terminus de la ligne. Ce n’est pas une vitesse de TGV mais quel parcours parmi les falaises à pic. Le train ne pouvant tourner, fait de nombreux zigzags en marche avant, marche arrière afin de franchir les collines. Nous arrivons enfin en vue du Machu Pichu, quel choc. Situé sur un éperon rocheux, souvent dans les brumes, le site est imposant par sa grandeur mais que d’escaliers à gravir, cela change du vélo. Après cette visite nous retournons à Cusco pour reprendre notre périple à vélo en direction du lac Titicaca.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le passage à Urcos reste un de nos plus beaux souvenirs, tant nous avons été subjugués par les costumes des villageois. En arrivant à Puno, nous découvrons le lac Titicaca dont le nom a enchanté notre enfance. Nous y restons deux jours pour nous reposer un peu, mais aussi aller sur l’île Uros, réalisée en roseau, la totora.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

poursuite du voyage....clic